Amis de B.M.

Visite-promenade du site de la Chapelle des Templiers de Fourches, près du Vaudoué.

Le 11 juin 2003

 

Une bonne vingtaine d'Amis ont répondu présents pour la visite-promenade vers la Chapelle des Templiers de Fourches au Vaudoué. Cachée au milieu des bois, les ruines de cette chapelle du XIIème siècle, sa cave et ses vestiges architecturaux constituent un site inoubliable que Claude Perrot, responsable du CRDMA nous a fait découvrir avec passion.
C'est une très ancienne commanderie des Templiers datée de 1150 environ, qui s'étend sur un site de 4000 m2.
Hugues de Payns, seigneur champenois au service du comte de Champagne fonde en 1120 les Chevaliers du Christ moitié milice, moitié moine. Les Templiers sont des transporteurs de fonds et les créateurs des lettres de change avec un code secret. Ils vont protéger les pèlerins lors des croisades en terre sainte et leur serviront de banquiers. Leur rôle fut très important lors des foires de champagne à Provins où ils avaient 70 maisons louées aux marchands.
La commanderie de Fourches possédait une chapelle, un pressoir, une grange, un cellier, un cimetière. Elle fonctionna jusqu'en 1307, date de la disparition de cet ordre ordonnée par le roi Philippe le Bel. Il y avait surtout des hommes jeunes ou très âgés. Ils vivaient pauvrement mais leur richesse était composée de terres à blé, d'un cheptel important de moutons, de charrues et d'objets de culte.
La construction de la chapelle est très sobre dans l'esprit cistercien. Très en ruine aujourd'hui , elle possède un chœur roman avec une voûte en berceau dont l'arc en ogive a résisté au temps. Il y a un guichet pour donner la communion aux lépreux, une "piscine double" c'est à dire deux cuvettes pour nettoyer les objets du culte et procéder au lavement des mains. L'eau étant sacrée ne peut être jetée que dans les fondations de la chapelle.

 

En 1320, les Hospitaliers de Malte s'y installent. La guerre de cent ans ravage leurs biens et la commanderie sera transformée en ferme donnée à bail. En 1487, toute la commanderie a brûlé, il ne reste plus que la chapelle. L'année 1621 voit surgir un ermitage près de la chapelle. Puis c'est la révolution de 1792 avec ses pillages et le toit de l'église s'effondre. Jusqu'en 1971 le lieu est abandonné et sert de carrière de pierres où chacun va se servir. A cette date, Vivien, instituteur à Fontainebleau, lance un appel pour sauver la chapelle et obtient qu'elle soit inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques. Elle serait cependant bien oubliée aujourd'hui si le CRDMA et sous l'impulsion passionnée de Claude Perrot ne tentait par tous les moyens de sauver cet ensemble.